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17 juillet 2026

Le ravitaillement en ultra-trail : mode d'emploi

Le ravitaillement en ultra-trail : mode d'emploi

Le ravitaillement, c'est le seul endroit d'un ultra-trail où la course s'arrête quelques minutes. On y mange, on y répare, on y pleure parfois, on y repart surtout. Guide complet de ce lieu unique, pour les coureurs comme pour leurs proches.

Petit lexique pour suivre la conversation

  • Le ravito : point de ravitaillement, tous les 8 à 15 km en général. Eau, nourriture, bénévoles.
  • La base vie : le grand ravitaillement de mi-course. Repas chaud, sac déposé, parfois lits de camp et kinés. On peut y rester 30 minutes sans culpabiliser.
  • Le point d'eau : version minimaliste — de l'eau, point.
  • Le pointage : le passage de la puce de chronométrage, souvent situé au ravito. C'est lui qui met à jour le suivi en direct que regarde votre famille.
  • Le drop bag (sac déposé) : le sac que le coureur confie à l'organisation et retrouve à la base vie — chaussettes sèches, frontale de rechange, son gâteau fétiche.

Ce qu'on trouve vraiment à un ravito d'ultra

Selon les courses et la taille du point, un ravitaillement propose :

  • Le liquide : eau, boissons d'effort, coca (le carburant officieux de l'ultra), bouillon salé la nuit ;
  • Le solide : fruits secs, bananes, oranges, fromage, saucisson, pain, gâteaux, soupe, parfois pâtes ou riz sur les gros points ;
  • L'assistance : bénévoles pour remplir les flasques, pointage de la puce de chronométrage, parfois assistance médicale et podologie ;
  • Le moral : des bénévoles extraordinaires, d'autres coureurs, et de plus en plus souvent… des messages de proches.

La règle d'or du buffet d'ultra : le salé prend le pouvoir au fil des heures. Au 20e kilomètre, tout le monde mange des pâtes de fruits ; au 90e, c'est la soupe et le saucisson qui sauvent des courses.

Combien de temps s'y arrêter ?

La règle des coureurs expérimentés : efficace sur les petits ravitos, généreux sur les gros. Trois à cinq minutes suffisent pour remplir les flasques et attraper de quoi manger en marchant. Sur les bases vie (mi-course), quinze à trente minutes permettent de manger chaud, changer de chaussettes et repartir neuf.

Le piège classique : la chaise. Les bénévoles ont un dicton — « beware of the chair ». Plus on reste assis, plus repartir coûte cher. La nuit, ajoutez-y la chaleur du barnum et la couverture qu'on vous propose gentiment : c'est un piège à finishers. On s'assoit pour une raison précise (changer de chaussettes, soigner un pied), pas « pour souffler ».

À quoi ressemble l'enchaînement sur un 100 km

Pour les proches qui découvrent, voici une architecture classique de course de 100 km :

  1. Km 0-30 : des ravitos rapides, le coureur est frais, il ne s'arrête presque pas.
  2. Km 30-50 : les arrêts s'allongent un peu, on commence à manger sérieusement.
  3. Km 50-60 : la base vie. Repas chaud, drop bag, changement de tenue. Le grand reset.
  4. Km 60-85 : la zone sombre. C'est ici que les ravitos deviennent des bouées — et que le fameux mur du km 80 attend son heure.
  5. Km 85-arrivée : les arrêts raccourcissent à nouveau — l'arrivée aimante.

Les erreurs classiques

  1. Sauter un ravito parce que « ça va » : en ultra, on mange avant d'avoir faim et on boit avant d'avoir soif.
  2. Découvrir un aliment en course : le ravito n'est pas le lieu des expériences digestives.
  3. Repartir sans avoir rempli les flasques : le tronçon suivant est toujours plus long que prévu.
  4. Ne pas écouter les bénévoles : ils voient passer des centaines de coureurs et repèrent avant vous que quelque chose cloche.
  5. Traîner par plaisir : dix minutes de trop sur chacun des dix ravitos, c'est une heure quarante offerte au chrono — et parfois une barrière horaire qui se referme.

Les bénévoles, ces héros en doudoune

Un mot sur ceux qui font tourner la machine : les bénévoles passent la nuit à couper du saucisson, remplir des flasques et remonter le moral de parfaits inconnus. Ils reconnaissent un coureur en détresse à dix mètres, appellent tout le monde « champion » et ont vu plus de larmes que la plupart des psychologues.

Coureurs : dites-leur merci, même au 90e kilomètre, surtout au 90e kilomètre. Proches : si l'aventure vous tente, les organisations cherchent toujours des bénévoles — c'est la meilleure place pour vivre un ultra de l'intérieur sans courir.

Côté proches : le ravitaillement est votre meilleur allié

Pour les familles, le ravitaillement est le seul endroit où croiser son coureur. Trois conseils :

  • Vérifiez les points accessibles au public : certains ravitos sont interdits aux accompagnants, la liste figure dans le règlement de course ;
  • Visez les gros points : votre coureur y reste plus longtemps, vous aurez le temps de le voir vraiment ;
  • Ne prévoyez pas trop de choses à dire : un visage connu suffit. Le reste, il ne s'en souviendra pas — l'émotion, si.

Attention aussi aux règles d'assistance personnelle : sur la plupart des courses, aider son coureur (porter son sac, lui donner à manger) n'est autorisé qu'à des points précis, parfois dans des zones dédiées. Une aide hors zone peut coûter une pénalité, voire une disqualification. Le règlement de course fait foi — lisez-le avant de beurrer des sandwichs.

Pour organiser votre journée au bord du parcours, on a écrit le guide complet du spectateur d'ultra-trail — et pour être vu de loin, nos 20 idées de pancartes d'encouragement.

Et quand on ne peut pas y être ?

C'est le problème que nous avons voulu résoudre. Les ravitaillements sont souvent au milieu de la montagne, à des heures impossibles, loin de tout. Le Ravito installe un écran au point de chronométrage des courses partenaires et y diffuse votre message vidéo au passage exact de votre coureur — comme si vous y étiez, sans les trois heures de voiture et la nuit blanche. Et vous recevez un e-mail dès qu'il l'a vu.

Comment font les coureurs pour traverser les moments difficiles entre deux ravitos ? On en parle dans notre article sur le mur du km 80.