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15 juin 2026

Suivre son proche pendant un ultra-trail : le guide

Suivre son proche pendant un ultra-trail : le guide

Votre coureur s'élance samedi à 5 h du matin pour 15 à 30 heures de course. Vous, vous restez à la maison avec une question : comment savoir où il en est ? Guide pratique pour les proches, par des gens qui sont passés par là.

La veille : préparez votre course à vous

Une bonne journée de suivi se prépare la veille, comme la sienne. Le kit du suiveur :

  • Le lien du live tracking, testé avant le départ (demandez-le-lui, ou cherchez « suivi live + nom de la course ») ;
  • Son numéro de dossard — c'est la clé de tout : le suivi, les photos officielles… et votre message vidéo ;
  • Le profil de la course : les gros ravitaillements, les bases vie, et les heures de barrière des 3-4 derniers points, notés sur un papier ;
  • Son plan de course s'il en a un (« je vise le ravito de la Croix vers 14 h ») : c'est votre référence pour savoir s'il est dans les temps à lui, pas dans ceux du premier ;
  • Le numéro de l'organisation, pour les inquiétudes sérieuses uniquement.

Le live tracking : votre meilleur ami (imparfait)

La plupart des ultras fournissent un suivi en direct (live tracking) : chaque fois que votre coureur passe un point de chronométrage, sa position se met à jour sur le site de la course. Le lien est en général envoyé par l'organisation quelques jours avant, ou disponible sur la page de la course.

Ce qu'il faut savoir :

  • Les mises à jour ne sont pas continues. Entre deux pointages, il peut se passer 2 à 4 heures sans nouvelles. C'est normal. Pas de panique.
  • Un pointage manquant n'est pas un abandon. Les puces de chronométrage ratent parfois un passage. Si le pointage suivant apparaît, tout va bien.
  • Regardez l'heure de passage, pas le classement. En ultra, le classement dit peu de choses. Ce qui compte : est-il dans les temps de barrière, et son allure est-elle régulière ?
  • Certaines courses ajoutent une balise GPS portée par le coureur, avec position continue sur la carte. Somptueux pour le suiveur — mais gardez en tête qu'un point GPS immobile 20 minutes signifie le plus souvent « il mange une soupe », pas « il lui est arrivé quelque chose ».

Comprendre les temps de barrière

Chaque point de contrôle a une heure limite : le coureur qui passe après est arrêté par l'organisation. Avant la course, notez les barrières des 3-4 derniers points. Si votre coureur passe avec 2 heures de marge, il gère. Avec 20 minutes, les prochaines heures seront tendues — c'est le moment où votre soutien compte le plus.

Bon à savoir : les barrières sont calculées pour qu'un coureur qui les frôle puisse encore finir dans les temps. Passer juste n'est pas une condamnation, c'est une invitation à ne plus traîner aux ravitos.

Savoir lire une course (comme un habitué)

Trois signes qui rassurent, à lire entre les lignes du tracking :

  1. La régularité : s'il perd du temps sur le premier au fil des pointages, c'est normal — tout le monde ralentit. Ce qui compte, c'est que son rythme reste régulier.
  2. Les arrêts courts : 10-15 minutes dans une base vie, c'est une gestion saine. 45 minutes peuvent signaler un coup de moins bien — ou une ampoule en cours de réparation.
  3. La nuit : les allures s'effondrent la nuit, chez tout le monde. Un 15 min/km à 3 h du matin dans une montée n'a rien d'alarmant.

Et rappelez-vous ce que traversent tous les coureurs entre 60 et 80 % de la distance : le fameux mur du km 80. Si son allure plonge à ce moment-là, ce n'est pas un mystère — c'est le passage obligé.

Le rythme d'une journée de suivi

Un conseil qui vaut de l'or : ne restez pas collé à l'écran toute la journée. Notez les heures de passage estimées aux gros points de contrôle, mettez des alarmes, et vivez votre journée entre deux. Un suiveur épuisé à 23 h ne sert personne — surtout si vous récupérez votre coureur à l'arrivée à 3 h du matin.

Le rythme qui marche : un vrai point le matin, un à midi, un en fin d'après-midi, puis un suivi plus rapproché sur les derniers pointages. Entre les deux : vivez. La boulangère peut attendre le récit de demain.

Quand faut-il s'inquiéter (vraiment) ?

Presque jamais. Mais pour être complet :

  • Un pointage manqué : attendez le suivant avant toute conclusion.
  • Deux pointages manqués et un retard important sur son plan : appelez le numéro de l'organisation — pas son téléphone à lui (il est en course, ou en zone blanche, et votre appel angoissé ne l'aidera pas).
  • Un abandon apparaît sur le tracking : attendez qu'il vous appelle. Les zones d'abandon sont gérées par l'organisation, il est entre de bonnes mains, et il a besoin d'un peu de temps avant de mettre des mots dessus.

Et pour l'encourager pendant la course ?

Longtemps, la seule option était de faire le déplacement — parfois à l'autre bout de la France, pour l'apercevoir 40 secondes sur un ravitaillement. Si vous pouvez y être, c'est magique, et on a écrit le guide complet du spectateur d'ultra-trail pour bien le faire (avec des idées de pancartes qui font sourire).

Et si vous ne pouvez pas ? C'est exactement pour ça que nous avons créé Le Ravito : vous enregistrez un message vidéo, et il est diffusé sur un écran au point de chronométrage, au moment exact où votre coureur pointe. Il vous voit, il repart gonflé à bloc, et vous recevez un e-mail dès qu'il l'a vu — souvent la meilleure nouvelle de votre journée de suivi. (Pour savoir quoi dire dans votre vidéo : nos 30 messages à voler.)

Comment ça marche · Les courses partenaires

La check-list du suiveur

  • Le lien du live tracking, testé avant le départ
  • Les heures de barrière des derniers points, notées quelque part
  • Le numéro de dossard (pour le tracking… et pour votre message vidéo)
  • Son plan de course, même approximatif
  • Le numéro de l'organisation en cas d'inquiétude réelle
  • Des alarmes aux heures de passage estimées — et une vie entre deux
  • De quoi tenir : c'est un marathon pour vous aussi